Voyager sans argent ou préparer son voyage pour être  financièrement libre? 

Depuis quelques années, on découvre partout dans les médias des jeunes et des moins jeunes qui claquent tout ce qu’ils possèdent pour partir voyager… la plupart du temps, sans argent. L’an 2000 et ses nouveaux nomades…

Des titres accrocheurs « Comment j’ai fait le tour sans monde sans argent », « 101 conseils pour voyager sans un sous », « Voyager, ne coûte rien ! », « Voyager fauché et s’éclater », interpellent notre curiosité.

Ça attire l’œil, ça donne envie de cliquer, de lire. Et on bave d’envie sur ces blogs qui relatent toutes ces belles histoires et ces magnifiques photos…

« Voyager », « Sans Argent », « Digital Nomade » et même « Blog de voyage » sont des arguments de marketing puissant. Ce sont des mots qui font rêver.

Ces voyageurs parlent de liberté, critiquent la vie métro-boulot-dodo, expliquent leurs astuces pour vivre pas cher, essaient d’inspirer (et de vendre 1001 ebook, 1001 formations, …).

voyage-argent-minimalisme

Ça semble facile comme ça, on est jeune, on est fou, on ne pense pas à sa pension, on n’en a rien à caller du trou sur notre CV. Nous on veut voyager et pour le reste, on verra bien plus tard… On se sent les rois du monde quand on est jeune.

Et cela semble tellement tellement facile…

Moi aussi je l’ai fait. J’avais 20 ans, quelques kopecks sur le compte bancaire, j’ai pris mon sac et je suis partie.

J’ai voyagé pendant 3 ans au petit bonheur la chance. J’ai dormi chez l’habitant, sous ma tente, dans des chambres partagées avec 12 autres personnes en auberges de jeunesses, sur une natte de paille, ou un fauteuil et plus rarement dans un lit super confortable.

J’ai été prise en stop par d’autres. Et même en bateau stop. Souvent je découvrais les bus locaux. Les bus de nuits. Un peu plus rarement le train. Sinon, il me restait mes pieds pour marcher.

J’ai mangé grâce à des invitations, j’ai cuisiné en échange de nourriture, parfois j’ai même été dans des poubelles. J’ai mangé dans des bouisbouis sur le bord de la route. Quelques fois dans des fast-food.

J’ai échangé mon temps contre un peu de travail, en échange d’un toit pour la semaine. Enfin… Je n’ai jamais vraiment travaillé en voyage…

J’ai rencontré des gens comme moi, d’autres qui fuyaient le froid en hiver, d’autres qui vivaient avec un smic français mais en Asie. J’ai partagé noël avec des inconnus sous 30° cambodgien. J’ai croisé des gens en tour du monde qui cherchaient à comptabiliser un max de pays sur leur passeport et d’autres qui se laissaient vivre durant de long mois sur la même île. Je me suis fait des amis de passage, le temps d’un trajet de bus ou en pirogue.

J’ai marchandé des chambres qui n’étaient déjà pas bien chères. J’ai négocié le chapeau, le pull, le sac auprès d’artisans locaux. Et j’ai scruté toutes les activités gratuites.

J’ai visité des temples, j’ai vu des merveilles. Des paysages à couper le souffle, des sourires indescriptibles et la bonté de l’humanité autour de moi.

J’ai voyagé de la sorte. Et je me sentais riche de n’avoir « pas d’argent ». J’ai vécu une vie libre et c’était fantastique. Pendant un temps.

Voyager ainsi coûte cher. Non pas en argent, mais en énergie. C’est le genre de voyage qui t’épuise et t’es tellement heureux de rentrer à la maison te reposer (afin de vouloir absolument repartir, je ne dis pas le contraire…).

Et ce qu’il faut savoir, c’est que derrière moi, il y avait la maison familiale qui me permettait de ne pas payer de loyer entre deux voyages. Il y avait mes parents qui étaient là pour supporter mes charges lorsque j’étais chez eux, il y avait mes parents qui réagiraient en cas de coup dur en voyage. Je savais toujours où revenir, qui appeler « si jamais… ». Et j’avais toujours un compte épargne et des petites économies.

Voyager sans argent est stressant et épuisant. On est sans cesse à la recherche de bons plans, on dépend toujours de quelqu’un…

Qui voyage vraiment sans rien du tout du tout du tout ?

Et pensez-vous vraiment que tous ces blogueurs – voyageurs qui voyagent sans un euro profitent à fond et captent l’essentiel de leur voyage lorsqu’il passent leurs temps à photographier, retoucher, écrire, gérer leur communauté, pour raconter et poster sur les divers réseaux sociaux… afin d’avoir un max de vues et peut-être des rentrées d’argent…

Après 3 ans à parcourir le monde, j’ai eu envie de me poser, de faire comme tout le monde : d’avoir un job, un appart, et une vie métro-dodo… Non pas parce que je n’avais pas aimé être à ce point libre même s’il m’est arrivé de me dire que je ne construisais rien de concret, mais parce que dans notre société, j’avais peur d’y perdre totalement ma place et de devenir complètement marginale. Et surtout, parce que je détenais-là une solution à mon désir de voyager longtemps et qui conviendrait amplement à mes attentes…

En vieillissant, je ne suis pas croulante, mais je n’ai plus 20 ans, j’ai découvert que j’aimais avoir un certain confort, que je n’aimais ne pas devoir dépendre des autres (pour me loger, pour gagner de l’argent en chemin, pour manger, …), que j’aimais pouvoir payer pour des activités payantes (qui seraient infaisable sans argent).

J’aime le confort d’un ‘bon’ matelas, j’aime pouvoir me sentir en sécurité dans ma chambre, j’aime voyager sans trop planifier et de m’installer à une terrasse au soleil et boire un bon jus de fruits à 5 euros si ça me chante. J’aime la propreté, la clarté, la luminosité. J’aime avec des vêtements confortables, léger, qui ne se froissent pas et qui ne prennent pas une plombe à sécher. J’aime voyager avec Airbnb, ou dans des mignonnes petites guest-house. J’aime prendre le taxi si je suis complètement éreintée. Ou avoir un chauffeur pour visiter des recoins trop éloignés. J’ai envie de pouvoir louer une voiture ou une moto. J’aime manger des spaghettis bolognaises de temps en temps avec du vrai fromage gruyère (et croyez-moi, ça coûte la bliiiiiiiinde en dehors de l’Europe).

J’aime transporter un Macbook Air ultra léger, avoir un Iphone et une carte SIM avec la 3G dans chaque pays où je vais, d’avoir un sac à dos type backpack mais avec des roulettes si jamais…

Et tout ça, ce n’est PAS POSSIBLE si on décide de VOYAGER SANS ARGENT. Et aimer tout cela (je parle bien d’un confort relatif hein, un confort ni plus ni moins que chez moi à la maison… et je ne me baigne pas dans une baignoire en or massif…), avoir envie de LIBERTE n’est pas synonyme de vivre comme une hippie.

J’ai envie de continuer à voyager (pas d’aller en vacances hein, qu’on s’entendent bien, voyager 20 jours par/an ne me convient pas!) en me faisant du bien, pas en m’obligeant à être quelqu’un d’autre sous prétexte que je n’ai pas d’argent. Je ne veux pas manger du riz tous les jours en Asie si j’ai envie d’un stoemp au carottes… (c’est arrivé en Thaïlande ! Et heureusement, à Bangkok, il y a un supermarché européen). Ou de ne pas pouvoir revenir en Belgique à noël pour voir ma famille. J’ai envie d’avoir du temps pour découvrir le monde, j’ai envie de rencontrer des locaux, d’apprendre à vivre comme eux, de vivre un quotidien loin de chez moi, dans un environnement nouveau. Ne pas courir et chasser les tampons des frontières. Prendre le temps et découvrir doucement la vie à un endroit donner et en changer quand le cœur nous en dit. De visiter les lieux touristiques, de me perdre au fil de mes pas. D’avoir la sécurité financière de me dire « j’aime cet endroit un peu cher, mais j’y resterai bien encore une nuit ou deux ».

J’ai envie de continuer ou plutôt de recommencer à voyager. Parce qu’on n’oublie jamais le goût de la liberté, de ce que procure la nouveauté…

Mais ce voyage prendra une tournure très différente car j’ai décidé de travailler en voyageant. Parce que notre société fonctionne comme ça. Si on veut de l’argent, on doit fournir quelque chose en contrepartie. Alors l’idée est de réinventer le voyage à mon goût. De continuer à travailler mais à distance. Pour Olivier, il pourra probablement garder son job actuel. Et moi, je vais devoir développer un projet.

C’est de ça dont parlera le blog pour les 3 prochaines années : comment préparer notre voyage en CDI.

En gérant scrupuleusement nos finances au quotidien avant notre projet de voyage. Comment créer ou décrocher un job qui me permettra à moi aussi de travailler à distance. Et quels sont mes astuces à mettre en place avant de partir en voyage pour générer des revenus passifs (louer notre appart’ par exemple). Et surtout, ne pas être complètement marginal à notre retour (si nous en revenons) et assurer nos arrières.

Voyager de cette façon est sans doute bien moins audacieuse que de tout quitter et partir « sans argent ». Elle est réfléchie, calculée. Elle nous ressemble.

Dans la vie, il faut OSER, mais sans se mettre en danger. L’important n’est pas de rêver et de vouloir copier une vie dans laquelle on ne se reconnait pas mais bien de créer la vie dont nous rêvons.

Si vous aussi vous vous lancez… Bonne chance ! (Et n’hésitez pas à partager vos bonnes idées ! Je suis certaine qu’on pourra s’entraider !). Love.

 


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Voyager sans argent ou préparer son voyage pour être financièrement libre

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2 thoughts on “Voyager sans argent ou préparer son voyage pour être financièrement libre?

  1. Deschiens mireille

    Bonjour, je viens de me délecter à la lecture de votre description de votre philosophie du voyage telle que vous l’aimez… J’adhère totalement à votre vision réaliste… Après une vie familiale professionnelle bien remplie, c’est maintenant à la retraite que je vais m’offrir le bonheur de voyager avec de petits moyens, mais pas sans argent, et je me suis retrouvée dans votre vision da la blackpakeuse retraitée que je me sens au plus profond de moi…merci de votre témoignage (à 67 ans, je viens de passer 18 mois sur 1 voiler, partie de Bretagne est parcouru Espagne Portugal les canaries madère une traversée de l’atlantique puis la Guadeloupe la Martinique les Tobago….Je viens de retrouver ma maison et mon confort et prépare min prochain voyage, en bateau certainement..) mireille

  2. Rox Post author

    Bonjour Mireille !
    Merci pour votre chaleureux commentaire.
    Voyager 18 mois sur un voilier a dû être une expérience incroyable ! Et vous avez totalement raison de profiter de votre retraite plus que méritée! Je vous souhaite un bon retour à la maison, profitez-en bien… en attendant vos nouvelles aventures !
    Roxane

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